Sursis
Ton apparition est toujours une hallucination, une oasis dans cette vie administrative délavée.
Tu surgis du néant, bravache et souveraine, les pans de ton manteau ponctuent ta détermination et la volonté que tu mets à lafficher. Je me surprends parfois à révérer une once de peau qui se libère à la dérobée. Je garde mon sens critique mais il mest inutile. Le fantasme le dévore.
Tes cheveux suivent les saisons sans se départir de ce je-ne-sais-quoi qui se dégage de toi et tes tenues favorites suffisent à convaincre les interlocuteurs de tes attributs. Je noublie pas ta dextérité à passer dune inflexion caressante à une réplique cinglante, exercice désarmant auquel tu es rompue.
Dans le film de ces aurores, mon regard te poursuit sans repos comme une caméra indiscrète. Je garde au cur lémotion de la plus petite découverte. Je chasse à lorée du monde touffu où tu perds consistance. Je retiens ma vie, mon souffle, affûtée, en suspension, attendant que la lumière me révèle ta silhouette, que ma patience moffre ce pourquoi je languis depuis ces mois, en proie à lenvoûtement qui chevauche mes nuits.
Je suis là, dans lombre, jattends.