Carnet désirant ©
 

 

Vendredi 15 septembre 2006

...

Il aura fallu ces roulements de tambours, toutes ces crispations, pour que je parvienne à me déprendre de toi. Cinq années à lorgner l'espoir, les sens fouettées par ton regard dans notre quotidien de retenue. Cinq années de haut et de bas dans les escaliers de nos rencontres. Cinq années de tyrannie et d'empathie, de sourires et de rage, d'absences et de bonté.

Mais je suis sauve.
Je ne subis plus l'électrocution de ton apparition.
Dorénavant, tu peux partir. Tu as ma permission, mon absolution pour les tourments dont tu as été maîtresse, mes remerciements pour les peines dont tu as été confidente.

Je ne peux que louer la constance, celle qui a répondu à la mienne dans les rôles qui nous incombaient.

Me voilà grandie, existant à part entière en ton esprit alors qu'il n'est plus temps. C'est cette liberté qui me procure le respect que tu me refusais alors. Mais c'est elle aussi qui te désintègre, qui fait disparaître tes charmes maléfiques comme à la fin d'un sortilège.

Et puis, tu sursautes.
Tu n'acceptes pas mon indépendance et la disparition de ton pouvoir. Alors tu utilises quelques circonvolutions professionnelles pour forcer mon attention, pour violer mon regard. Mais tu t'évapores et cela t'est insupportable.

Tu ironises, mords et pars. Ton ressentiment est palpable.
Je pourrais alléger cet état mais je n'ai plus envie de jouer avec toi. Tu as trop usé tes blanches incisives sur ma peau, tu as trop longtemps abusé d'électrodes et de scalpels pour tester mes réactions. Ton intelligence retorse ne m'a pas épargnée, la mienne me guide hors de tes frontières. 

 

 
 
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