Lumière

Publié le par WP

  

Un peu de vie me manque lorsque vous me privez de vous, un peu de mouvement et de lumière.

 

 

Parce que les jours aux couleurs variées passent et nous éclairent de mille facettes comme l’arbre luit de mille feuilles aux tons de terre et de mer, je ne me libère pas de ces feux quand mon esprit vous entrevoit. Et nul besoin de présence effective pour que je subisse la loi d’un tel miroitement… la vidéo de tes passages et de quelques gros plans dans les recoins de ma mémoire est d’une fidélité agaçante.

 

 

Je ne résorbe pas plus cette flamme que je ne parviens à me positionner entre le «vous» et le «tu».

Mais à cela tu ne m’aides pas beaucoup. Tu me laisses entendre que tu ne tolèreras qu’un vouvoiement officiel de rigueur alors que tu m’assures accepter ma prose sans restriction. Quand je crois être sauvée d’un emballement trop grand quelque froideur grinçante me murmure que je suis la proie d’affabulations. Alors je doute encore pour ma survie, je crains quelque craquement sinistre, je doute de tes bonnes intentions. Je ne me mets pas en danger en t’abordant… j’assume le danger dévorant qui s’est imposé, m’a débordée. Tu souris, amusée, cela donne envie de t’embrasser… si tu savais comme cela m’est difficile de faire incessamment ces pas vers toi.

 

 

Te voir et te parler m’échauffe et me calme, ravive les couleurs de l’espace, diffuse un rayonnement réconfortant, me rassure pour un temps. Jusqu’à ce que ton silence me pèse à nouveau, que je ne le comprenne pas et que je prenne à nouveau sur moi pour venir te relancer. C’est épuisant. Ce vide rugissant alimenté par mes doutes est une cruauté. J’en suis seule responsable, je sais, mais le temps est long à attendre un signe de toi. En un mois, trois messages écrits et un message vocal sur ton téléphone portable sont restés sans réponse laissant libre court aux mauvaises interprétations de mon esprit rompu.

 

 

Je ne devrais pas t’écrire mais pourtant comment te dire, en dépit du monde environnant, …

 

L’estomac dans les talons et le cœur en carence, comme une envie de lumière quand l’hiver s’est installé, comme une envie de nicotine impossible à assouvir quand les tabacs sont fermés. Cette absence me creuse la tête des traces que tu y laisses, me rappelle chaque chose avec une précision de collectionneur où ton image et tes mots se révèlent avec plus de précision d’heure en heure. C’est un quai de gare où les voyageurs attendent un train qui ne vient pas, la nuit tombe et les rires du train fantôme filent devant eux sans le moindre arrêt.

 

 

Le jour s’effiloche sans que je n’oublie vraiment le contact de tes mains sur la mienne. Quelques petits joyaux gardés contre soi comme des images d’Epinal que l’on sort de ses poches à intermittence pour se conforter et se réchauffer l’âme.

 

 

Le ciel infini et le goût de nos joutes verbales laissent entrevoir d’autres perspectives sous le tissu de mes divagations. La lune troublée me tient compagnie et me suggère quelques folies à te susurrer pour que tes yeux ravissent les étoiles. Mais le temps qui défile en procession est toujours lourd de ton absence même si je ne dois pas te dire que tu me manques, même si je ne dois pas me permettre d’y penser trop.

 

 

Encore un fois, je ne saurai pas ce que tu penses. Tu me laisseras me débattre, tenter de prendre les choses avec recul et philosophie, de saisir quelles sont les limites que tu ne me donnes pas. Je ne sais même pas ce que tu crains à ne rien vouloir me dire…

 

Publié dans Missives

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Antinea 11/03/2005 15:16

Bienvenu B. Je ne sais même pas comment je n'avais pas pensé à MF... Je perds la tête c'est la seule conclusion plausible. Je vais ré-écouter cela. La porte est ouverte à tous...

Vivant 11/03/2005 14:43

CONSENTEMENT (M.F.)

Je veux du "Vous",
Parce-qu'entre nous, c'est lentement
C'est lent
Le songe est doux
Immensité des sentiments

A perdre haleine
Le "Vous" me sied, le vôtre est plaine
Apôtre, j'aime
Quand le "Vous" me fait un enfant

Je veux du "Vous"
Quand les dessous sont tutoiements
C'est lent
C'est à genoux
Que je vous vois lécher mon sang
C'est blanc
A qui la faute ?
Si le "tu" a tué la romance
Le "Vous" si j'ose
Parce-qu'entre nous c'est lentement

Vous, où ?
Et ce vol mène
Là, où c'est l'apesanteur
Vous, où ?
deux voyelles s'aiment
Là, sous l'accord majeur
Vous, où ?
Et ce vol mène
Là où, c'est l'apesanteur
Vous, où
A pas de loup, j'aime
Quand vous me faîtes peur

Je veux du "Vous"
Parce qu'entre nous c'est lentement
C'est lent
Le "Vous" est vif
Le ventre gonflé de vos débordements

A qui la faute ?
Le "Vous" se fait suave et tendre
A vous dirais-je
Maman, que j'aime sa présence

Vous, où ?
Et ce vol mène


Nn commentaire un peu long, peut etre,
A coté de la plaque, surement,
Mais depuis que j'ai découvert le Vous,
Je ne regarde plus le Tu de la même façon.

J'aime les paroles de votre quête,
Désolé de forcer cet intimité,
Ces paroles ne sont pas pour nous,
Mais elle sont belles.

Je ne sais pas quoi vous souhaiter,
J'ai peur que les textes ne soient plus aussi beau après.

Sincèrement.

B.