Le bonheur ?

Publié le par WP

Comme il est dérisoire de bondir à la sonnerie d’un téléphone !

Comme il est vain de rendre signifiant un geste inhabituel…

 

Après ces mois et ces années, tu as découvert que j’avais un téléphone portable.

Un moyen personnel d’établir un contact.

Ce à quoi tu t’es toujours refusée ; tes rares gestes pouvant être qualifiés d’exceptions éphémères. Car tu le sais aussi bien que moi, c’est de la privation que naît la dépendance.

 

Tu parviens même à me téléphoner un vendredi soir en dehors des horaires de bureau…

Une attention que je me refuse à imaginer jusqu’à ce que mon téléphone achève de me prévenir.

Je regarde avec stupidité et confusion cet appel en absence sur l’écran digital. Le tumulte qui s’instaure en moi me pousse à t’entendre. Je n’y parviendrai qu’une heure plus tard… pour que tu me resserves ce vouvoiement de repli et ce vocabulaire faussement professionnel qui me désoblige et m’offense.

 

Nous nous verrons donc.

Avec mon amertume et ta retenue,

Avec ma soumission et ton détachement,

Avec mon cœur sanguinolent et ton cœur interdit.

 

 

Publié dans L'histoire

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Antinea 11/04/2005 01:14

Merci pour le "touchant"...

Don Diego 09/04/2005 22:52

Bravo, beau, élégant et touchant final.