Carnet désirant ©
 

 

Samedi 5 février 2005

Je ne sais comment me raisonner.

Dans les dédales des couloirs et des escaliers, je reconnais votre pas, votre voix, votre parfum et cela est alternativement source de joie et de supplice.

Je crains néanmoins le jour où ma privation sera plus grande car je reste définitivement et stupidement liée à vous. Il faudrait bien que je parvienne à rompre le sort.

 

Votre désinvolture à l’égard de mes tentatives de comportement normal et amical me replonge dans cette espèce de dépendance dont je souhaite me déprendre.

Ne pas répondre, par exemple, aux messages qu’on vous laisse implique une relance, implique une interprétation, quoi que vous en disiez. Or, je sais que tout cela est de mon ressort.

Ma répartie m’abandonne parfois en votre présence par peur d’en dire plus que je ne voudrais.

 

Je sais que je place bien trop d’affects dans ce qui vous touche et que mes efforts de rationalisation sont peu efficients. Et je le regrette.

Je vous assure de ma volonté de ne pas vous importuner quoi qu’il en paraisse. Ceci n’est pas une lettre de doléances. Curieusement, j’essaie plutôt maladroitement de vous présenter mes excuses.

Des excuses pour cette faiblesse. Je note des efforts dans votre attitude alors que je n’ai pas l’impression d’avoir un comportement adéquat, de juger des choses avec la distance qu’elles méritent.

 

Votre disparition programmée me terrifie car cela ne me laisse qu’une issue : résoudre cette emprise d’ici la fin de l’échéance. Bien sûr, le contexte ne m’aide pas, bien sûr, le fait de n’en pouvoir parler à personne ne m’aide pas plus. Idéalement j’aimerais pouvoir en discuter posément. A défaut de mieux, j’écris. Même si je sais que c’est un monologue. J’ai, de temps à autre, le sentiment d’être à peu près à la hauteur et parfois non. Ne m’en veuillez pas, je tente de faire au mieux. Et je sais que mon attitude doit être insupportable.

 

Aujourd’hui ne semble pas être un bon jour pour vous, pas un jour où il faille en rajouter. Je déplore de ne rien pouvoir faire pour vous alléger l’esprit. Peut-être mes stupides histoires vous distrairont-elles… sinon le week-end qui s’annonce devrait s’en charger.

 
 
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